Le retour à la normale fait toujours du bien. Évidemment, on a rarement hâte que le voyage se termine, mais une fois rentrée il fait bon d’être dans son chez-soi.

Autrefois, j’avais hâte de revenir dans mes affaires : les points de repère commençaient à me manquer après un certain moment. Cependant, depuis quelques retours de voyage, je trouve de moins en moins normal de devoir rentrer.

En voyage, on compare souvent les choses inconnues avec celles que l’on aime bien. Pour ne pas sombrer face au choc culturel, on le fait sans réfléchir ; c’est comme un système d’autodéfense. Pour ma part, avec les années, c’est l’inverse. Je compare constamment ce que je n’aime pas lorsque je suis à la maison avec ce que j’apprécie lorsque je voyage. Je vois les choses autrement, comme si tout était plus beau ailleurs.

Chaque fois que je suis chez moi, je rêve d’être autre part. Comme la plupart des gens, me direz-vous, mais pour moi c’est différent. Je le jure. Il me manque quelque chose. La découverte, la beauté des nouveaux endroits, l’imprévisibilité de l’inconnu qui remplit mes journées. Je me sens plus chez moi dans des endroits que je n’ai jamais vus avant. Comme si je me sentais complète en étant impuissante face aux nouvelles découvertes.

Bon, je sonne un peu mélancolique, je sais. En revanche, la beauté de tout ça, c’est que je me rends compte qu’en revenant à la maison, j’ai davantage de tolérance… J’ai envie d’explorer, d’essayer de nouvelles choses, d’aller plus loin dans ma province. J’ai également le goût d’apprendre, de lire et de découvrir. Mon esprit voyageur reste à l’affût, en éveil.

Quand je voyage, je me sens vivante. Voyager me donner le goût de vivre. Quand je suis ici, je ne dois pas m’éteindre alors j’essaie tout. Je vis.