Je suis actuellement en échange étudiant à Lyon, en France. Ceci consiste à réaliser un semestre d’études à l’étranger. J’ai choisi l’Europe étant donné que je n’avais jamais visité ce continent auparavant. J’ai toujours rêvé d’aller étudier à l’international. Ça fait maintenant un mois que je suis ici et voici mon histoire jusqu’à présent.

Le 31 décembre 2017, j’ai atterri à Paris. J’ai pris un taxi du terminal 3 au terminal 2 étant donné que la navette de l’aéroport a décidé de ne plus fonctionner en cette veille du Jour de l’An. Arrivée au terminal 2, je prends le TGV de deux heures jusqu’à Lyon. À Lyon, je prends le Rhônexpress (un tram réservé pour les liaisons de l’aéroport) jusqu’à la station de métro Vaulx-en-Velin. De celle-ci, je me rends jusqu’à la station Perrache, qui finalement est le métro à proximité de ma nouvelle demeure. Donc, en moins d’une journée, les transports français n’avaient clairement plus de secret pour moi.

J’habite seule dans une résidence de 18m2. La localisation est géniale : près d’une gare, du métro, des trams et des autobus. J’ai été sur le décalage horaire pendant au moins deux semaines. Je m’endormais autour de 3h du matin, qui est en fait autour de 21h à Montréal. Aussi, je suis à seulement quinze minutes de métro de mon école.

Crédit photo par Marie Elaine Faubert Dufort

 

J’ai commencé mon semestre, le 8 janvier. C’est une très petite institution où la cohorte compte environ trente étudiants. En raison de mes équivalences, je fais partie de trois cohortes différentes. Il m’est donc plus difficile de m’adapter à une cohorte précise. De plus, je suis la seule étudiante étrangère de mon établissement. Je trouve que la relation avec les professeurs est très différente de celle dont je suis habituée. Les élèves parlent en tout temps, même quand le professeur parle. Les professeurs prennent les présences à tous les cours. Il n’y a aucun livre ou matériel scolaire à acheter. Tout le travail se fait principalement dans les cours. Je n’ai pas un horaire fixe, mais j’ai 2 ou 3 cours par semaine. C’est l’idéal étant donné toutes les destinations intéressantes qui se trouvent près de moi.

 

Vue sur Lyon | Crédit photo par Marie Elaine Faubert Dufort

 

Bien que j’ai énormément voyagé avant de venir en Europe, je n’aurais jamais pu penser qu’un choc culturel pourrait m’arriver. Eh bien, je me suis totalement trompée! Ça fait déjà un mois que je m’improvise Lyonnaise, et laissez-moi vous dire que ce n’est pas toujours facile. Même si je ne me sens pas nécessairement dépaysée physiquement, je le suis intellectuellement. La culture est différente et les Français le sont tout autant. J’ai comme le mal du pays, des idées négatives sur la France, de la confusion, des questionnements et un repli sur moi. Pourtant, ce n’est pas la première fois que je vais résider ailleurs, mais c’est la première fois qu’un choc culturel s’empare de moi. Je crois que ma principale erreur a été de venir ici en pensant que c’était uniquement un grand voyage. Au contraire, je suis ici pour l’école et les voyages sont secondaires. Je dois m’adapter à un mode de vie complètement différent du mien. Je dois me reconstruire une vie sociale entière. Je dois veiller sur ma personne. Je suis ici, avec moi-même, à vivre des expériences pour moi.

On dira ce qu’on voudra, mais un échange étudiant c’est plus qu’enrichissant. Dépendre uniquement de sa propre personne permet de grandir énormément. C’est normal de craquer et c’est normal de se sentir hors de sa zone de confort. Il n’y a rien de vulnérable à admettre que c’est plus difficile qu’on le croyait. En revanche, une fois que c’est réalisé et assumé, on peut désormais essayer de se concentrer sur les petites choses plus positives. Mon conseil c’est de vivre un jour à la fois et de faire ce que je désire lorsque ma tête en a envie. J’ai appris que j’aimais cuisiner plus que je croyais, que j’aime bien mes petits moments de solitude, mais pas trop. Le plus important c’est que j’ai appris que je suis en constante évolution. Je suis une personne très fonceuse, qui a confiance en moi et qui croyait déjà se connaître entièrement. Finalement, j’ai compris que je n’ai pas fini de grandir. Je continuerai à évoluer et à en apprendre sur moi un peu plus à tous les jours.

J’ai grandi déjà, après un mois. Imaginez après sept mois, lorsque je retournerai à la maison.