Il y a deux ans déjà, je traversais l’Amérique du sud à sac à dos, de l’équateur jusqu’à la Patagonie. Le cœur pompant une liberté d’être jeune et détachée de tous soucis, je respirais le bonheur d’être moi. Personne ne m’attendait réellement et j’avais le privilège de revenir quand bon me semblerait.

Je me souviens qu’une fois en Argentine, les coûts avaient grimpés d’aplomb dû aux transports et aux hébergements définitivement plus dispendieux que ceux de leurs voisins boliviens. Parallèlement, je n’avais qu’une obsession en tête: de me rendre jusqu’au bout du continent. Je dus donc repenser mes dépenses, ce qui signifie de vivre dans une tente et de me déplacer sur le pouce! Une expérience qui, d’ailleurs, me fait encore rêver.

Il me fait donc plaisir de partager avec vous mes astuces apprises sur le pouce pendant quatre mois en Argentine!
J’ai également traversé plusieurs fois au chili, et je n’étais pas seule.

Bref, ma garantie pour une ride prudente et efficace:

  • Ne pas faire du pouce dans une ville ou un village

La première fois, j’ai dus attendre huit heures de temps, assis sur mon sac, devant un magasin général d’une banlieue de Salta avant qu’un bon samaritain prenne pitié et nous embarque à l’arrière de sa remorque. Il nous a sauvé une petite journée de marche… en 30 minutes.

  • Ne pas faire du pouce à l’entrée de l’autoroute

On est arrivé à la conclusion qu’il aurait fallu s’installer à l’entrée de l’autoroute afin de démontrer où nous allions. Très mauvaise idée. N’ayant aucune place pour s’arrêter, les chauffeurs nous faisaient des signes d’impuissance et on a fini par marcher de toute façon. Parfois, à la sortie de villages, ça peut fonctionner.

  • Marcher minimalement 30 minutes hors de la ville

Fatigués de perdre des journées à attendre, on s’est dit qu’à marcher on s’ennuierait moins. Bingo! Les gens avaient eu le temps d’avoir pris la bonne direction, et cela me donnait l’impression que d’avancer, pas à pas, convainquait les incertains à nous embarquer.

  • Être visible

Soyez certain.e de ne pas attendre dans une courbe ou au commencement d’une pente descendante/montante. Parfois ils s’arrêtaient  à une cinquantaine de mètres, et on devait courir pour s’assurer qu’ils freinent réellement!  En outre, les camions ont besoin de place pour s’ arrêter, il faut y penser!

  • Se lever tôt

Normalement, les camionneurs se lèvent tôt, entre 5 h et 7 h du matin. Si j’étais au poste à partir de 8 h, j’avais de grandes chances d’attraper les gros camions transporteurs pour accomplir de longues distances! J’ai déjà atteint 1000km avec un dix-huit roues de marchandise. Et en général, la vie de voyage appartient à ceux/celles qui se lèvent tôt !

  • Bien dormir

Je vous l’ajoute comme un extra-conseil. J’ai déjà expérimenté des conducteurs m’interdisant de dormir, et ce, même si mon copain était bien éveillé pour faire la conversation. Je me sentais comme une radio humaine. Attention d’avoir une bouteille d’eau pleine!

  • Un carton peut aider!

Inspirée par des recommandations lues en ligne, je me suis saisie d’un morceau de carton et j’ai écrit, aux tapes électriques, « tan lejos como ud pueda / Aussi loin que vous le puissiez ». Et cela a fonctionné! J’ai peut-être eu 3-4 voyages à l’arrière d’un pick-up dans ma journée, mais j’étais loin de faire du surplace!

Après quelques auto-stops, je crois être devenue une pro! Je pouvais attendre à peine 20 minutes afin d’être embarquée avec une personne qui m’inspirait confiance et rouler sur des centaines de kilomètres en une seule fois. La fameuse ruta cuarenta (RT 40) a été de loin la plus merveilleuse et impressionnante route à s’aventurer.

Je dois dire n’avoir soutiré aucune mauvaise expérience de cette épopée. Au contraire, je n’ai que de belles histoires à raconter!

Je suis fière d’avoir eu le cran de le faire.

Bonne chance!