Le premier vol commercial, depuis 50 ans, au départ des États-Unis en destination de Cuba a eu lieu le 31 août 2016 dernier.  Quelques mois précédents cet événement, le Président américain Barack Obama a lui-même mis les pieds à La Havane, la capitale cubaine, lors d’une visite historique, la première depuis la Révolution de 1959.  Sa visite est un pas de plus vers le renouvellement de relations diplomatiques entre les deux pays. Ce point marquant m’a alors inspiré un article que je voulais partager avec vous. En effet, Cuba est bel et bien un pays complexe, voici donc ce que j’ai appris après mon court séjour dans la capitale.

  • Comprendre la différence entre le CUC et le CUP.

Le CUC qui est en fait l’équivalent au dollar américain est la monnaie des touristes. Les Cubains l’utilisent aussi, mais pour acheter ce qui est considéré comme du luxe : vêtements, savons, shampoings, certains produits d’exportation, etc. Par contre, il existe aussi le CUP, aussi connu sous le nom de pesos, qui est l’argent en théorie, et même en pratique, réservé aux Cubains.

Il peut être difficile de l’expliquer, mais la cohabitation du CUC et du CUP crée énormément d’inégalités sociales dans le pays.

  • Apprendre à dire non.

Être d’origine asiatique et être en compagnie d’une amie haïtienne, qui ressemblait à une Cubaine, mais qui ne parlait pas un mot espagnol, faisaient de nous des cibles qui ne passaient pas inaperçues dans les rues. Les Cubains nous arrêtaient à tout moment pour nous vendre des souvenirs, des activités et nous demander de l’argent. Également, mon amie a eu des multiples demandes en mariage. Au début, pour ne pas paraître bêtes, on arrêtait, on écoutait, mais ça devenait lourd. On a vite appris qu’il n’y avait pas de mal à dire « No, gracias » et continuer son chemin.

  • Visiter La Havane à pied.

Certains vous diront que c’est une expérience en soi de monter dans une des fameuses voitures des années 50, sur un coco-taxi, sur un bici-taxi ou encore un carrosse tiré par des chevaux. Toutefois, selon moi, pour vivre une vraie expérience cubaine, il faut marcher dans les rues des différents districts (Centro Habana, Habana Vieja, Vedado, Miramar). Oui, on se sent out off place quand on tourne un coin de rue et qu’on se retrouve au cœur du quotidien des Cubains. Il y a 30 secondes, c’était la grande rue propre et peuplée de touristes et maintenant, on y voit des déchets au sol, on sent des odeurs assommantes, il y a des vieillards assis dans le cadre de porte de leur maison et des commerçants de rue. C’est le chaos.  Il est important d’avoir une carte parce qu’on se perd facilement avec les noms de rue presque inexistants.

  • Température.

Il fait chaud. Il fait humide. L’air est suffocant à cause de la pollution en ville, mais la chaleur est appréciée sur les « playas del este ». Quand on annonce de la pluie et des orages, ce sont des mensonges. On peut facilement passer de belles journées chaudes et ensoleillées sans aucune averse, sauf peut-être en soirée. Durant la semaine que j’y étais, tous les jours, on annonçait des orages à La Havane et il y a seulement eu une journée où le ciel s’est déchainé.

Assurez-vous d’avoir des shorts et des t-shirts, les camisoles sont déconseillées parce que le soleil est tellement fort que même avec de la crème solaire, votre peau est garantie de brûler.

  • Histoire et culture cubaine

Le communiste est toujours présent à Cuba. Dans la capitale, il y a des symboles et des signes de la révolution partout. Les Cubains vivent encore sous le rationnement et les salaires sont donnés par l’État. Le salaire moyen est de 20 CUC.  Le taux de criminalité est élevé, mais cette situation provient majoritairement aux crimes reliés à la corruption. On nous a raconté, par exemple, que les mécaniciens volaient des pièces de voitures de leur lieu de travail, le garage géré par l’état, afin de les revendre sur le marché noir afin de faire un peu plus d’argent.  Cuba est majoritairement très sécuritaire pour les touristes. Avant 1959, Cuba était perdu. L’arrivée de Fidel Castro était donc vue comme une porte de sortie de l’enfer qu’il vivait avant.

Il faut comprendre que quand on décide d’aller découvrir La Havane authentique, elle est choquante et impressionnante en même temps. Découvrir cette ville, nous donne un petit avant-gout du pays. Cuba, c’est plus que Varadero et ses hôtels tout inclus. Il y a Pinar Del Río avec sa verdure et son cyclotourisme.

Source de l’image: Tiffany Nasavan

On revient assez confus suite à un premier voyage à Cuba. Cette ville, mais surtout cette culture remplie de contradictions, nous montre un pays persévérant malgré son passé complexe.

 

Bon voyage !