Tallinn est un secret bien gardé. Oubliée par les touristes, la capitale de l’Estonie est moins achalandée que d’autres villes détenant le même charme. Je pense entre autre à Prague.

Tallinn, cette belle inconnue

Arrivée depuis à peine trois jours en Allemagne pour y passer l’été, je saute sur l’occasion pour rendre visite à un bon ami à Helsinki. Tallinn est située sur la rive opposée du golfe de Finlande, à seulement 2 heures de traversier. J’exploite cette proximité pour visiter cette ville mystérieuse qui m’attire depuis longtemps. Ma curiosité a été bien récompensée, Tallinn s’est révélée être une hôtesse absolument charmante!

Tallinn.

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu

Pourquoi Tallinn?

En mettant les pieds sur le sol estonien, j’entends mon portefeuille pousser un grand soupir de soulagement; les prix astronomiques de la Finlande sont derrières moi. D’ailleurs, des dizaines de Finlandais attendent au quai tous les jours pour retourner à la maison avec leur alcool acheté à bon prix. La comparaison de prix est facile puisque les deux pays utilisent l’euro.

J’y suis début juin, la température est clémente, entre 10 et 15 °C. Un soleil encore timide, mais enchanteur vient très bien contraster le froid polaire de Helsinki. Le soleil du Nord a un attrait tout particulier à cette époque de l’année. Se levant très tôt, vers les 4 h, le soleil nous accompagne jusqu’à très tard en soirée ; ses rayons traînant comme les fêtards dans les rues. Il nous abandonne seulement pour un petit moment de repos vers les 23 h pour réapparaître à la fermeture des bars.

Reakoja Plats

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu

Ville enchanteresse

Une journée et demie à explorer les ruelles et les places de la vieille ville et me voilà en amour avec la charmante. Je pars me perdre en matinée, accompagnée de ma carte de la ville. Dans une nouvelle ville, ma stratégie est toujours la même. Je tourne à gauche, à droite, je me laisse tenter par une ruelle, par un parc, afin bref, par tout ce qui attire mon œil. Puis, après un certain temps, je sors ma carte pour m’y retrouver. Fidèle à ma stratégie, je trouve une petite boulangerie où j’ai acheté deux croissants frais pour le déjeuner.

Puis, je rejoins un tour guidé gratuit partant de l’Office du tourisme et animé par une jeune estonienne dotée d’un sens de l’humour aiguisé.

Nous partons à la chasse aux trésors oubliés, appréciant sous un nouvel angle l’aspect féérique de la charmante vieille ville. Ses maisons colorées, ses remparts, ses tours et ses rues pavées ne sont pas seulement bien agréables à regarder. Ils captivent aussi par leur riche passé. Figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, la vieille ville marchande médiévale, très bien conservée, regorge d’histoire. L’Estonie reflète des années d’occupation. Occupée par les Russes, les Allemands et les Suédois, l’Estonie a une indépendance très nouvelle de seulement une vingtaine d’années.

Marché de fleurs, Rue Viru

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu

Tallinn

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu

Je décide de faire face à l’occupation soviétique en allant visiter une de leur ancienne prison. Une heure à tuer avant le tour guidé de cette forteresse… Une prison soviétique ça ne m’attire pas particulièrement, mais c’est une page de l’histoire incontournable pour cette ville. Le calme avant la tempête. J’en profite pour me détendre et m’offrir une vue imprenable sur la vieille ville en escaladant le clocher de l’église Saint-Olaf. Avoir le tournis en montant et en descendant les centaines de marches en vaut vraiment l’effort. Au sommet, le vent de la mer du Nord est fort et rafraîchissant.

La prison soviétique Patarei est située juste à l’extérieure de la ville. Accessible à pied, elle dépeint toute la tristesse de l’ère soviétique. Circuler dans les couloirs, les cellules, les bureaux fut une expérience traumatisante, mais oh combien enrichissante. Désaffectée depuis 2004, rien n’a été retouché. Abandonnée au supplice de l’humidité, la cruelle réalité est restée intacte. On ressent encore le poids de la souffrance. Réduit à de simples numéros anonymes les hommes y perdaient toute leur humanité.

Porte de cellule à Patarei

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu

Cellule à Patarei

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu

Enfin pour décompresser, je me régale au restaurant Rataskaevu 16. Une adresse à ne pas manquer ! Arrivez tôt ou réservez, il y a affluence. Soupe à la citrouille excellente, plat principal de wapiti braisé tendre à souhait et le tout couronné par une bière estonienne. La facture a seulement vingt-deux euros, j’en salive encore…

Rataskaevu 16

Source de l’image: Catherine Corriveau Coutu