« Kill the Kili or the Kili kills you », c’est un peu trash comme devise, mais c’est ce que disent les gens sur la route du Kilimandjaro.

Il y a deux ans, j’ai eu la chance d’aller en Tanzanie et de faire l’ascension du Kilimandjaro. À l’époque, j’avais seulement 19 ans et je voyageais backpack style avec ma petite sœur de 17 ans. Ouain. C’est un peu trash ça aussi. Deux petites Québécoises blanches et blondes qui se promènent toutes seules en Afrique de l’Ouest. Encore là, je ne sais pas à quel moment on a pensé que c’était une bonne idée ce voyage, mais une chose est certaine, je ne le regrette pas. Ce voyage-là, c’est le plus inespéré que j’ai fait de ma vie.

Avec ma petite sœur Camille, on est partie sur un coup de tête. On a acheté nos billets d’avion seulement un mois à l’avance en n’ayant rien prévu. Notre voyage, ça a été ça. Un beau potluck de coups de tête. On n’avait aucun plan, seulement un guide Lonely Planet et le numéro de téléphone du père tanzanien d’une amie. Je ne sais pas comment nos parents ont vécu notre départ. Ma sœur n’avait encore jamais voyagé sans nos parents et encore moins en sac à dos. Mais bon, c’est ça qui est ça.

Alors comme je disais, notre voyage, on ne l’a pas vraiment planifié, ce qui fait qu’à un moment donné, on a monté le Kilimandjaro. Je ne sais même pas pourquoi on a fait ça. Ce n’était pas prévu du tout, c’est juste arrivé (vraiment!). Un matin, on se promenait dans la ville de Moshi, qui se trouve au pied du mont Kilimandjaro. On cherchait des bureaux de tourisme pour entrer dans le parc national du Kilimandjaro et marcher un peu au pied de la montagne. Quand on est entré dans le bureau, l’homme nous a directement proposé de se rendre au sommet. Pis nous, on a dit oui. Je ne sais toujours pas si c’était une bonne idée.

À mes yeux, le Kilimandjaro c’est l’épreuve d’une vie. C’était facile, mais difficile à la fois. On a juste marché pendant 6 jours, sans jamais arrêter. On ne savait pas à quoi s’attendre, on ne s’était pas entrainée et surtout, on ne savait pas vers quoi on marchait. On croisait des gens, on les saluait. Chaque soir, des marcheurs sur leur chemin du retour nous racontaient leur ascension. Ça nous donnait encore plus envie de nous dépasser. Chaque soir, on entendait des histoires terribles et d’autres, plus heureuses. Chaque jour, on traversait des paysages plus différents les uns des autres. On a passé de la jungle humide, au désert de pierres, aux prairies sèches, aux falaises, aux nuages, puis finalement, aux neiges éternelles du sommet. C’est assez difficile à décrire. Chaque soir, on arrivait dans un nouveau camp de base. Plus les jours avançaient, plus l’altitude se faisait sentir. C’était plus difficile de respirer, de bouger. Malgré les 4 litres d’eau que nos guides nous obligeaient à boire, j’avais constamment mal à la tête.

Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que je ne me suis jamais rendue au sommet. Environ 300 mètres avant le sommet, je suis tombée dans les pommes. Je suppose que l’altitude était trop forte pour ma petite tête. Un guide m’a immédiatement ramené au camp de base le plus près pour que je puisse me reposer. Ma petite sœur, quant à elle, a continué la montée jusqu’au sommet. Elle a pris la fameuse photo avec les pancartes qui disent « Félicitations, vous êtes sur le sommet du mont Kilimandjaro ». Pas moi. Je m’en veux encore.

Le plan initial pour l’ascension finale jusqu’au sommet, c’était de grimper de nuit jusqu’au sommet pour y arriver à l’aube et voir le soleil se lever (le rêve quoi). Je voulais tellement y arriver. Mais c’est dans ce genre de situation qu’on se rend compte que le plaisir importe beaucoup plus que le résultat final (même si sur le coup, je n’avais pas beaucoup de fun). La majorité des personnes qui tentent l’ascension du Kilimandjaro s’entrainent pendant des années. Nous, on n’avait même pas envisagé la possibilité de faire ça avant d’être sur place. On s’est embarquée dans une aventure sans vraiment savoir ce qui nous attendait là-haut. Au final, j’ai gagné beaucoup de choses.

 

Source : Léa Beauchamp-Yergeau

Source : Léa Beauchamp-Yergeau

 

Là-bas, j’ai réellement appris à connaître ma sœur. Je me suis dépassée et j’ai tout donné. On a rencontré des personnes vraiment géniales pendant ce périple. Je suis sortie de cette aventure la tête pleine de beaux souvenirs. Le voyage, c’est aussi ça : faire des choses qu’on ne pensait jamais faire, se laisser surprendre par la vie. T’sais, c’est plaisant et ça vaut toujours la peine!